mercredi 19 mars 2008

RENNES-LE-CHATEAU : LA BD



Publié originellement sous une couverture différente par les éditions Bélisane (cartonnée, 1985 puis brochée, 1995) cet album N&B était épuisé. Cette nouvelle édition de l'album par l'Oeil du Sphinx a été revue et corrigée pour l'occasion. Elle est complètée par 4 planches couleurs inédites en fin de volume contant la légende du berger Paris liée directement au trésor de Rennes-le-Château.

Oeuvre de trois «enfants du pays» dont l'un, Antoine Captier (devenu en mars 2008 conseiller municipal de Rennes-le-Château) est depuis longtemps un des acteurs principaux de toute l'affaire, cet album réussit à évoquer avec un talent certain pour ce qui est du scénario une histoire intégrant tous les éléments devenus «classiques» du mystère tournant autour de l'abbé Saunière. En cela il constitue pour le profane une excellente et facile introduction au sujet et pour l'amateur un agréable moment de lecture. Quant au dessin, s'il n'atteint pas vraiment le niveau de la BD professionnelle publiée par les éditeurs spécialisés, il se situe sans avoir à rougir dans le créneau éditorial de la BD «régionaliste» affectionnant, on le sait, les albums à thèmes ancrés dans l'histoire locale.


Excellente initiative de la part de l'Oeil du Sphinx, donc, d'avoir redonné une nouvelle vie à cet album dans une édition à la présentation soignée.

Rennes-le-Château : le secret de l'abbé Saunière
par Antoine Captier, Marcel Captier (scénaristes) et Michel Marrot (dessinateur)
Éditions de l'Oeil du Sphinx, 2007, Coll. «Serpent Rouge» #11, album cartonné grand format, 74 p. 15 Euros.

Cet album est disponible par correspondance à la librairie Atelier Empreinte à Rennes-le-Château ( http://www.atelier-empreinte.com/ ), librairie spécialisée dont l'amateur pourra appécier la richesse du catalogue. Le site des éditions de l'OdS se trouve, lui, à l'adresse suivante ; http://www.oeildusphinx.com/ .

RDN

jeudi 13 mars 2008

RENNES-LE-CHATEAU EST ORPHELIN...

Jean-Luc Robin étaient de ceux qui depuis des années «incarnaient» Rennes-le-Château. Toujours en première ligne pour défendre le respect des lieux et celui de la vérité historique, il voulait mettre un terme à la transformation rampante du village en une sorte de «Saunièreland» pour touristes. Il venait tout juste de réussir le plus important, prendre la mairie le 10 mars avec quelques amis sûrs, lorsqu'une crise cardiaque l'a terrassé 48 heures plus tard... Il avait 58 ans.
Travailleur infatigable et soumis à plus de stresses personnels et professionnels que bien des gens, il semble qu'il ait négligé une première alerte de santé voici quelques temps. Mais tous ceux qui le connaissaient savaient bien qu'il était inutile de demander à cet homme de caractère de «lever le pied», surtout avec la perspective de gagner les élections municipales en vue.

En 1994, il revient à Rennes-le-Château (qu'il avait bien connu dans son enfance) et entreprend la restauration et la présentation au public du domaine de l'abbé Saunière en montrant que l'exactitude historique ne détruit pas pour autant le mystère. Depuis plusieurs années, son bar-restaurant, La Table de l'Abbé, installé dans les jardins du domaine accueillait chaque été une série de conférences hebdomadaires ainsi qu'un «méchoui des chercheurs» qui étaient devenus une véritable institution locale.


Sa thèse sur le véritable «secret» de l'abbé Saunière, il va la développer dans un excellent livre, Rennes-le-Château : le secret de Saunière (préfacé par Henry Lincoln, Ed. Sud-Ouest, 2005), un ouvrage en grand format à l'iconographie couleur superbe et souvent peu connue, très agréable et instructif à lire. Le livre se révèle vite un succès de librairie et, fait rarissime, est réédité, cette fois en anglais, toujours par les Éditions Sud-Ouest (traduit rien moins que par Henry Lincoln...) et dans une présentation à l'identique. En 2006, Jean-Luc Robin publie à nouveau chez Sud-Ouest un autre livre (de chroniques, cette fois), plus court mais intéressant à lire pour toutes les anecdotes qu'il conte, Rennes-le-Château, mon village à l'heure du Da Vinci. Il avait en projet plusieurs autres livres dont un sur les mystères de la ville voisine de Carcassonne, célèbre dans le monde entier pour sa cité médiévale et, comme scénariste, une BD déjà bien avancée l'histoire de l'abbé Saunière qui devait en principe sortir chez Paquet en Suisse et dont j'avais pu voir quelques planches.


Si sa disparition est une perte immense pour sa famille et ses amis, elle l'est tout autant pour Rennes-le-Château qui est sous le choc. Et nul doute qu'il va bien se trouver quelqu'un pour «démontrer» un jour où l'autre qu'après le «Trésor Maudit» de Rennes-le-Château popularisé par Gérard de Sède, voici venu le temps de la «Mairie Maudite» de Rennes-le-Château ! De quoi amuser l'ami Jean-Luc là d'où il contemple les choses maintenant...

À l'occasion de mon séjour en France, on avait pris rendez-vous avec Jean-Luc (fin cuisinier, malheureusement maintenant pour de bon «devant l'Éternel») pour un «méga-cassoulet» suivant ses termes et en fin de compte, c'est pour son enterrement qu'on va se retrouver... Il y a des jours où la vie est vraiment dégueulasse.

Pour en savoir plus sur Jean-Luc Robin, on pourra lire l'interview ci-dessous :

RDN



mardi 26 février 2008

LES VOYAGES DE POUL ANDERSON

L'Américain Poul Anderson (1926-2001), un des écrivains les plus primés de la SF mondiale, «monstre sacré» du genre dans les pays anglo-saxons, a longtemps déplu aux «bien-pensants» de gauche de la SF hexagonale. Ce n’est que depuis ces toutes dernières années qu’on assiste enfin à son retour chez les éditeurs français avec des rééditions mais aussi des inédits comme les textes encore non-traduits du cycle de La Patrouille du Temps.

Jean-Daniel Brèque était le plus qualifié qui soit pour écrire Orphée aux Étoiles : les voyages de Poul Anderson, lui qui a ausculté, autopsié, traduit et suivi pas à pas l’œuvre de l’auteur depuis des décennies.

Le résultat est à la hauteur des espérances puisque voici un ouvrage de référence précis qui mêle habilement la biographie et l’étude littéraire tout en offrant une complète bibliographie en volumes (30 pages...) en fin de livre.

Avec finesse, Jean-Daniel Brèque montre l’évolution de Poul Anderson au travers de plus de 50 ans de carrière et comment il a presque créé à lui tout seul le genre mêlant Fantasy, Mythologie nordique et Histoire.

La tragédie et la lutte contre l’entropie qui frappe aussi bien l’être humain solitaire que la plus grande des civilisations font partie intégrante de l’œuvre de Poul Anderson, tout comme le souci constant de vraisemblance scientifique (y compris pour l’Histoire en temps que science humaine) et de qualité littéraire. Dans son impressionnante variété, l’œuvre andersonnienne touche souvent au fameux sans jamais sombrer dans la médiocrité, même dans les textes secondaires qui apparaissent inévitablement ici et là dans un tel flot littéraire.

Jusqu’à maintenant, il n’existait qu’un seul ouvrage critique sur Anderson, Against Time’s Arrow de Sandra Miesel, paru en 1978 aux USA et donc fatalement incomplet en dépit de ses qualités. Orphée aux Étoiles, qui couvre lui la totalité de l’œuvre de l’auteur tout en étant particulièrement agréable à lire, vient donc réellement combler une lacune à l’échelle mondiale !

ORPHÉE AUX ETOILES : LES VOYAGES DE POUL ANDERSON
par Jean-Daniel Brèque
Ed. Les Moutons Électriques, 175 p., 2008, 20 Euros

(La couverture présentée ici n'est pas celle de l'édition brochée vendue en librairie mais celle d'un tirage spécial hors commerce de 30 ex. numérotés, reliés et avec jaquette...)

RDN

lundi 25 février 2008

DICTIONNAIRE DU ROMAN POPULAIRE FRANCOPHONE

Un voyage de 500 pages grand format dans l'univers méconnu du Roman Populaire sous toutes ses formes (Aventures, SF, Mystère, Fantastique, Policier, Espionnage, Sentimental, etc.), tel qu'il divertit les lecteurs depuis bientôt deux siècles.
Un voyage en 500 entrées présentant auteurs mais aussi séries, collections, personnages, illustrateurs, etc.
Une mine de renseignements qu'on peut aussi déguster au fil des pages, en quête de données précises ou d'anecdotes, mais aussi tout simplement pour le plaisir de la lecture. Ajoutons à cela un beau cahier iconographique hors texte et en couleurs de 22 pages au coeur de l'ouvrage et qui est un régal pour les yeux.
Plusieurs dizaines de connaisseurs ont prêté leur plume pour la rédaction des entrées, parmi lesquels des spécialistes bien connus comme Charles Moreau, Jacques Baudou, Paul Bleton, François Ducos, Thierry Chevrier, Marc Madouraud, Jean-Luc Buard, Norbert Spehner, Pierre Turpin, Paul Maugendre et bien d'autres.
Incontournable pour l'amateur de littérateur populaire.

Sous la direction de Daniel Compère
Préface de Pascal Ory
Nouveau Monde Éditions, 2007, 500 pages, couverture cartonnée couleurs, 39 Euros

RDN

samedi 17 novembre 2007

PIERRE K. REY EST MORT

Pierre K. Rey, Pierre Jouvert de son vrai nom, est mort à 60 ans le soir du vendredi 16 novembre 2007 dans le hall d'entrée de mon immeuble à Montréal, au Québec. Un infarctus «massif», suivant le terme du médecin, a eu raison de cet ami que je connaissais depuis 32 ans et que, après une séparation géographique au cours des années 1990, j'avais retrouvé par les hasards de la vie à Montréal en 1999. Depuis nous étions voisins dans l'agréable quartier de Côte-des-Neiges.

Alors qu'il avait été un des meilleurs anthologistes de la SF en France doublé d'un traducteur de talent, suite à des problèmes personnels et de santé et à quelques petites trahisons de trop dans le petit milieu de l'édition spécialisée, Pierre avait décidé de se détacher de la SF en 2001 (au point de ne plus lire le moindre livre !) pour se consacrer uniquement à l'informatique et se replonger dans sa vieille passion pour le cinéma.

En attendant mieux, on trouvera ci-joint le texte (revu pour la malheureuse occasion...) de la fiche qu'on m'avait demandé sur lui pour le Dico de la SF de J. Goimard et Co. chez l'Atalante avant qu'une «restructuration» ne l'en fasse scandaleusement exclure par les rédacteurs. Pierre n'a jamais eu connaissance de cette ultime trahison que je n'avais pas encore eu le courage de lui avouer. J'espère que d'où il se trouve désormais, il voudra bien me pardonner...


REY, PIERRE K. Pseudonyme de Pierre Jouvert (Alès, Gard, 29 janvier 1947 – Montréal, Québec, 16 novembre 2007). Anthologiste, traducteur, critique et directeur de collection français installé depuis 1989 au Québec. Il débute en 1974 dans Horizons du Fantastique puis participe à la rédaction de Spirale et à Thriller avant d’entrer à Fiction au tout début des années 1980. Il est rédacteur en chef adjoint de Galaxies de 1996 à 2001. En France, il a travaillé dans le service informatique d’une banque puis, en amateur averti de cinéma, co-dirigé des salles d’art et essai.
Spécialiste de la SF anglo-saxonne moderne, Pierre K. Rey voit en elle un excitant miroir révélateur du monde d’aujourd’hui. Dès 1981, il publie avec Pascal J. Thomas un essai précurseur sur le sujet,
La nouvelle SF américaine. L’année suivante, c’est L’Amérique aux fantasmes, sa première anthologie qui parait sous la forme d’un numéro spécial de Fiction. Treize autres suivront en huit ans, dans la coll. «Science & Fiction» qu’il dirige aux Ed. Londreys (ADN, Société Anonyme, 1986 ; Images de la Troisième Guerre Mondiale, 1986 ; L’assassin habite au XXIeme siècle, 1987 ; Tropique des étoiles, 1987) ainsi que chez d’autres éditeurs (La femme infinie, 1983 ; Le Livre d’Or d’Orbit, 1983 ; Le Livre d’Or de James Tiptree, 1986 ; Pavane au fil du temps de R. Silverberg, 1989 ; Univers, 5 vol. de 1986 à 1990).
Pierre K. Rey, reconnu pour la rigueur de ses sélections de textes et de ses articles critiques, avait regrettablement cessé toute activité littéraire depuis 2001.


La fiche de Pierre K. Rey sur Wikipedia se trouve ici :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_K._Rey


Salut l'ami, tu nous manques déjà cruellement.


RDN

mercredi 10 octobre 2007

NOTRE AGENT EN JUDÉE par Franco Mimmi

Et si la dramatique histoire du Christ n'était qu'une opération politique romaine qui aurait mal tourné en Palestine ?
Cette idée sert de colonne vertébrale au scénario de l'astucieux roman de l'Italien Franco Mimmi qui renouvèle ce nouveau sous-genre littéraire tournant autour du personnage de Jésus, accommodé à toutes les sauces, de la meilleure à la moins digeste, et qu'on pourrait appeler «Christifiction»...
Sous l'empereur Tibère, la Palestine est toujours un chaudron politique et au rythme ou vont les choses, comme le dit un des personnages, il n'y aura bientôt plus assez d'arbres dans la colonie pour fournir les croix sur lesquels sont crucifiés des milliers de Juifs pratiquant la rebellion armée contre l'envahisseur.
Ponce Pilate, principal pourvoyeur en crucifiés commence lui-même à avoir des doutes sur sa méthode et à sentir que son avenir politique pourrait être compromis en cas de nouvelle révolte. C'est alors que Caïphe, le grand prêtre du Jérusalem, qui entretient des relations d'intérêt avec Ponce Pilate, propose à celui-ci de favoriser l'ascension d'un nouveau prophète nommé Jésus et qui prêche l'amour et le pardon universel au nom de Dieu. Enfin un prophète juif qui n'appelle pas aux armes ! Et qui, de surcroît, pourrait inciter ceux qui le suivent à mieux considérer les Romains, favorisant ainsi un espoir de paix civile dans la région.
Mais, si tout commence plutôt bien, quelques grains de sable ne vont pas tarder à gripper la machine et ouvrir la voie à la tragédie que l'on sait...
Dans un style clair et limpide, Franco Mimmi (qui a étudié son sujet dans les détails) propose au lecteur une relecture inspirée de la fin de la vie de Jésus et sans y mettre un atome de fantastique religieux. Jésus est ici un personnage historique, au sens strict du terme, un personnage attachant qu'on suit avec bienveillance dans sa marche vers un désastre annoncé mais qui ne se produira pas du tout pour les raisons exposées dans les textes sacrés.
Notre agent en Judée (Folio«policier» #422, 2006) a reçu en 2000 le Prix Scerbanenco (du nom d'un des plus fameux auteurs de polar noir italiens) pour le meilleur roman policier de l'année publié en Italie.
RDN

samedi 6 octobre 2007

CRYPTOZOOLOGIE : une biographie et un inédit de Bernard Heuvelmans !

La première biographie de Bernard Heuvelmans (1916-2001), l’homme à qui la cryptozoologie doit son nom, une grande partie de sa crédibilité et sa croissance comme discipline scientifique à part entière depuis les années 1950 est enfin parue !
Ce livre ouvre la «Bibliothèque Heuvelmansienne» aux éditions de l’Oeil du Sphinx et sous la direction de Jean-Luc Rivera. Et comme un bonheur ne vient jamais seul, il est publié en même temps qu’un inédit de Bernard Heuvelmans, Les félins encore inconnus d’Afrique !




Ami et collègue de très longue date de Bernard Heuvelmans, Jean-Jacques Barloy était bien placé pour écrire ce Bernard Heuvelmans : un rebelle de la Science. L’ouvrage, illustré de nombreuses photos inédites, repose sur les souvenirs personnels du Dr Barloy mais aussi sur l’importante documentation issue des archives de Bernard Heuvelmans et mise à sa disposition.
Rebelle aux dogmes, le Dr Heuvelmans l’a été toute sa vie mais sans pour autant entrer dans les rangs des «damnés» de l’establishment scientifique. C’était ce qu’on appelle aujourd’hui un électron libre du milieu académique, quelqu’un qui a réussi à échapper toute sa vie au système des subventions pour organiser ses recherches à peu près comme il l’entendait. Le prix à payer pour cette liberté intellectuelle fut une vie nettement plus spartiate que celle d’un chercheur professionnel ou d’un professeur d’université. Mais ce genre de «sanction» n’était pas du genre à faire reculer quelqu’un comme Bernard Heuvelmans, qui fut toujours soutenu par un cercle d’amis proches et par la femme qui illumina sa vie, l’écrivain Monique Watteau fort connue aussi dans le milieu de la peinture sous le nom d’Alika Lindbergh après son mariage dans les années 1960 avec le fils du célèbre aviateur américain.
Animé d’un respect sans faille pour tout ce qui était vivant, Bernard Heuvelmans avait adhéré au bouddhisme et affichait un dégoût profond pour tous ceux maltraitaient les animaux. Pour lui, aucune cause ne pouvait justifier cette maltraitance, y compris la recherche médicale et… la cryptozoologie ! Il faisait en effet partie de la minorité de chercheurs qui auraient été capables de laisser partir un Yéti plutôt que de devoir l’abattre pour en ramener la dépouille afin de satisfaire la fixation pour les preuves matérielles de la zoologie académique.
Bernard Heuvelmans était aussi un écrivain brillant avec un talent particulier pour saisir l’attention de ses lecteurs. Avec lui, la science devenait roman et le compliqué accessible à tous. Ses livres de cryptozoologie se dévorent souvent comme des thrillers d’exploration et d’aventures. D’ailleurs ce beau brin de plume taillé pour l’aventure et l’extraordinaire avait déjà été remarqué au début des années 1950 par l’éditeur belge Marabout qui avait alors proposé à Bernard Heuvelmans d’écrire ce qui allait devenir la série Bob Morane. Sentant que cela risquait de dépasser ses capacités de travail pourtant impressionnantes, Bernard Heuvelmans avait décliné l’offre et proposé à sa place son ami Charles Dewisme qui allait connaître ainsi la gloire sous le nom de Henri Vernes…

Ce talent de conteur érudit sans jamais devenir raseur se retrouve évidemment dans l’autre inédit proposé par l’Oeil du Sphinx, Les félins encore inconnus d’Afrique. Au travers de trois grandes parties qui sont autant d’enquêtes zoologiques, Bernard Heuvelmans opère une exploration fascinante du monde des félins mystérieux du continent noir, exploration dominée par le tiers du livre réservé au mystère des apparitions documentées au fil des décennies de ce qui ressemble à des cousins des terribles tigres à dents-de-sabre de la préhistoire qui terrorisaient nos ancêtres des cavernes. Ce croisement entre les célèbres romans des «Âges farouches» (on pense ici plus au Félin géant qu’à La Guerre du Feu) de J. H. Rosny aîné et les récits de grandes chasses et d’explorations africaines constitue un moment de lecture exceptionnel.
Pour se procurer ces livres en grand format, le plus simple est bien sûr de se rendre sur le site http://www.oeildusphinx.com/.

RDN

jeudi 16 août 2007

ENEMY BEYOND PLUTO de JEAN-GASTON VANDEL

Les Fleuve Noir «Anticipation» à avoir été traduits en anglais ne sont pas légion. Tous l’ont été aux USA, sauf un, en fait le tout premier, qui est paru, lui, en Angleterre en 1954 chez Hector Kelly à Londres, un de ces «mushroom publishers» (éditeurs poussant ici et là à la vitesse des champignons pour mourir tout aussi vite…). Ce précurseur, puisque aucun autre «Anticipation» ne paraîtra ensuite en anglais avant les années 1970, c’est Enemy Beyond Pluto, traduction d’Attentat Cosmique de Jean-Gaston Vandel («Anticipation» 21, 1953).

L’édition Hector Kelly, reliée avec jaquette est quasiment introuvable avec ladite jaquette. Mais il existe une autre édition, cette fois brochée format poche, parue sous le label mystérieux d’Evergreen Books et qui ressemble fort à une remise en vente à bas prix (sans date mais certainement du milieu des années 1950) de l’intérieur des invendus de la première.

Les renseignements sur Hector Kelly et Evergreen Books étant quasiment inexistants et le livre n’étant même pas répertorié à la British Library (ceci sans parler du silence qui règne à son sujet sur Internet…), la seule chose qui semble certaine est qu’il constitue la plus rare au monde des éditions de Jean-Gaston Vandel et une authentique pièce de collection dans ses deux éditions. Je n’ai jamais vu celle de Hector Kelly mais ayant mis la main sur celle d’Evergreen Books, il m’a semblé intéressant de la signaler aux amateurs du Fleuve Noir «Anticipation».

Je reste évidemment preneur pour tout renseignement complémentaire sur ces deux éditions pour le rajouter à cette entrée.

RDN

mardi 24 avril 2007

A. BERTRAM CHANDLER, TRAHI DE L'ANGLAIS PAR...

J'étais tout content de voir qu'enfin quelqu'un s'était décidé à traduire en français un roman de A. Bertram Chandler (1912-1984), ce grand oublié chez nous du Space Opera classique que j'ai eu le plaisir de rencontrer une fois en Angleterre voici presque 30 ans (on ne doit pas être beaucoup à avoir un exemplaire de Rendez-vous sur un monde perdu en «Anticipation» dédicacé par l'auteur...). Souvenons-nous aussi que Francis Carsac lui avait rendu hommage avec son excellente nouvelle «Le dieu qui vient avec le vent» dans Fiction #222, en 1972.

Mais Chandler n'avait pas eu trop de chance jusque-là chez nous puisque la traduction de Rendez-vous... n'était pas terrible et que son seul autre roman à avoir été publié en français, Le long détour (Albin Michel, 1980) était la suite directe d'un volume resté lui inédit !

Aussi quand j'ai vu que Les Moutons Électriques, réputés pour leur sérieux, nous proposaient un inédit de la saga de John Grimes, je me suis dit que la malédiction était enfin levée et, bien qu'ayant déjà le livre en anglais, j'ai immédiatement investi 13 Euros dans l'affaire pour soutenir cette initiative...

J'aurais mieux fait de les garder... Car dès la première page, j'ai découvert avec horreur que la «traduction» de Sylvain Berthet était tout simplement un scandale ! On en vient même à se demander par moment si elle n'aurait pas été faite par un ordinateur... Le roman est réduit à néant, le texte étant en plus écrit dans un style lourdingue et dans un français souvent approximatif, et, surtout dans son premier tiers, constellé de fautes d'orthographe et de coquilles. C'est un texte non-relu qui est parti chez l'imprimeur, ça crève les yeux.

Il ne reste plus aux Moutons Électriques qu'à mettre au plus vite sur le marché une nouvelle version revue et cette fois corrigée s'ils ne veulent pas que la carrière de John Grimes s'arrête là chez eux, faute de lecteurs.

Pendant qu'ils y sont, ils pourront aussi en profiter pour améliorer la couverture en y mettant le nom de l'auteur avec d'autres caractères que ceux, microscopiques, utilisés ici et qui donnent l'impression qu'on l'a rajouté ce nom au dernier moment à la machine à écrire sur la maquette...

Il n'y a pas à dire, quand le Mouton Électrique disjoncte, il ne fait pas dans le détail et ça devient... dickien dans la déglingue.

RDN

jeudi 19 avril 2007

SECRET WEAPONS - SECRET AGENTS de JACQUES BERGIER


Premier livre de Bergier à avoir été à ma connaissance traduit en anglais, Agents secrets contre armes secrètes (Arthaud, 1955) est d'abord sorti en livre relié avec jaquette en Angleterre en 1956 chez Hurst & Blackett avant d'être réédité en poche outre-Manche chez Panther en 1958 sous la belle couverture «populaire» d'époque que voici et que je viens de dénicher chez un bouquiniste US.

Pour le plaisir des yeux...


RDN




jeudi 12 avril 2007

MUREL T.1, Les Chants de l'Air, de Claude Ecken et Benoît Lacou

Claude Ecken est depuis des années un des auteurs les plus intéressants de la SF française moderne (voir par exemple son recueil Le Monde, tous droits réservés aux éditions du Bélial, 2005) avec ses récits à la tonalité proche de la hard-science mais qui n'oublient jamais l'élément humain. C'est aussi, et depuis des décennies, un spécialiste de la BD, mais s'il avait déjà publié quelques albums ici ou là, il lui manquait encore l'oeuvre qui le ferait enfin remarquer au milieu du torrent de publications annuel du genre.

Avec Les chants de l'air, le premier tome de la trilogie Murel qui vient de sortir aux Éditions EP (Emmanuel Petit) début 2007, il semble qu'il tienne enfin le bon bout de ce côté-là.


Dans Murel, il concilie en effet, et enfin, ses ambitions littéraires dans la SF avec cette BD qu'il avait eu jusque-là du mal à dompter à son profit. Cette trilogie s'annonce comme un mélange bien équilibré de Space Opera, d'espionnage et d'histoire High Tech qui se saisit de l'attention du lecteur dès que celui-ci a intégré les noms un peu compliqués des personnages qui empêchent de se concentrer totalement sur l'intrique dans les toutes première planches («Ah ! mais bon sang, c'est qui déjà, celui-là?»). Fausses pistes, mystère et suspense alimentent ensuite le plaisir de ce même lecteur qui ne peut qu'en redemander une fois ce premier volume refermé sur un cliffhanger, comme on dit dans le jargon franglais des séries TV.

Mais un bon scénario qui n'est pas soutenu par un dessin à la hauteur, c'est le crash assuré dans l'univers impitoyable de la BD où le visuel est d'une importance capitale. Claude Ecken en avait fait l'amère expérience avec une précédente série, historique cette fois (la peste de 1720 à Marseille), Le diable au port (3 tomes, 2002 à 2004), dessinée par Benoît Lacou. Or, divine surprise, c'est justement ce même Benoît Lacou qu'on retrouve ici, cette fois libéré et en pleine forme dans cet univers extra-terrestre peuplé de personnages mi-animaux mi-humanoïdes...! Son dessin en couleur directe colle très bien au scénario et trouve ici une vigueur et un dynamisme à des lieues de sa prestation guère enthousiasmante sur la peste de Marseille.

À déguster sans délai.

RDN

vendredi 22 décembre 2006

MILLENAIRE T4, Les Evangiles Empoisonnés, LA COUVERTURE !

En avant-première, la belle couverture de François Miville-Deschênes pour les Evangiles Empoisonnés, le 4e tome de notre série BD Millénaire à paraître début 2007, aux Humanoïdes associés.

RDN

vendredi 15 décembre 2006

LE CALVAIRE DES SEZNEC

Il n'est pas autorisé, dit-on, de mettre en cause une décision de justice. Mais l'épilogue provisoire (enfin, espèrons-le encore même si...) du parcours du combattant judiciaire entrepris voici 30 ans par Denis Seznec pour faire réhabiliter son grand-père accusé de meurtre il y a 82 ans, montre une nouvelle fois à quel point la Justice est une vieille dame hargneuse qui ne supporte pas d'avoir eu tort.

Ceux qui soutiennent que tout est parfait car la Cour de Cassation a ainsi démontré qu'elle était indépendante de la pression médiatique, etc., bref que nous sommes dans le meilleur des mondes, oublient un peu vite que c'est grâce à cette même pression des médias que l'affaire Dreyfus et celle d'Outreau, pour ne prendre que ces deux exemples parmi d'autres trop nombreux, ont fini par être rejugées dans le bon sens, celui de la vérité.

J'ai eu le grand plaisir de passer, au printemps 1997, un week-end entier à Becherel, ce magnifique village médiéval breton dédié au livre, avec Denis Seznec et son épouse. Si je connaissais les grandes lignes de l'affaire, cette rencontre assez longue (le hasard avait fait que, pour ce festival du livre, nous dédicacions l'un à côté de l'autre et que nous logions au même endroit) m'a permis d'en découvrir une foule de détails que j'ignorais. Des détails qui m'ont conforté dans l'idée que Guillaume Seznec était innocent du meurtre dont on l'accusait. La lecture du livre incontournable de Denis Seznec a fait ensuite le reste.

La dernière édition de NOUS LES SEZNEC vient d'ailleurs de paraître, grandement remise à jour, chez Robert Laffont. Un site est également consacré à l'affaire : http://www.france-justice.org/ .

La décision pour le moins «inattendue» de la Cour de Cassation alors que tout semblait, enfin, être sur la bonne voie, outre l'immense déception créée, va donc encore accroître le mépris dangereux dont la Justice fait de plus en plus l'objet en France. Cette Justice avait pourtant ici une occasion inespérée de redorer son image après le «pétard mouillé» des suites dans la réalité de la «prise de conscience» de la sinistre farce d'Outreau. Elle l'a laissée passer ! Et ce n'est pas la masquarade d'un ministre «saluant» le combat de Denis Seznec devant la presse après l'avoir laissé se faire poignarder dans le dos qui va améliorer les choses...


RDN

lundi 27 novembre 2006

Quand MICHEL JEURY était traduit aux USA...


En 1974 paraissait dans la déjà fameuse collection «Ailleurs & Demain» dirigée par Gérard Klein chez Robert Laffont Le Temps Incertain, le livre d'un faux débutant dans la SF nommé Michel Jeury, qui avait déjà publié des années plus tôt et sous le pseudonyme d'Albert Higon deux romans de SF au «Rayon Fantastique». Je m'en souviens encore, à la Convention européenne de Grenoble cette année-là, Jeury était LA vedette, même si cette soudaine notoriété semblait par moment le mettre un peu mal à l'aise.



Brillant traitement du thème du voyage temporel (à défaut d'être toujours compréhensible par le lecteur moyen...) Le Temps Incertain est l'un des livres majeurs de la SF française des années 1970, elle qui en compta si peu à cette époque où certains tentèrent trop longtemps de faire croire qu'un engagement politique à l'extrême-gauche plus dix joints grillés par jour pouvaient faire office de talent littéraire. Depuis, l'histoire a tranché ; Jeury est resté au panthéon de la SF (qu'il a désertée depuis les années 1990 pour les terres financièrement plus rentables du roman historico-familial et du «terroir»), nos gauchistes hystériques ont disparu de la circulation et la SF française a mis 15 ans pour retrouver une crédibilité auprès des lecteurs...



Ce qu'on sait moins, c'est que Le Temps Incertain a été publié sous le titre de Chronolysis aux USA en 1980 chez Macmillan, traduit par Maxim Jakubowski, préfacé par Theodore Sturgeon (oui !) et dans une édition cartonnée avec jaquette reproduite ici. Et si je rappelle cette performance éditoriale, c'est à la fois parce que je viens de trouver le livre aujourd'hui dans un magasin de l'Armée du Salut à Montréal et parce que je me suis dit que c'était aussi une pièce à verser au débat ouvert par l'incontournable site ActuSF (http://www.actusf.com/php/modify.php?articleID=4641) sur les problèmes qu'ont les auteurs français à se faire traduire en anglais...



RDN










vendredi 24 novembre 2006

Un VARGO STATTEN a plus de 5.000 Euro sur eBay !




Emblématique best-seller de la SF populaire britannique des années 1950 et largement traduit à l'étranger (en France, au Fleuve Noir «Anticipation» des temps héroïques), Vargo Statten a publié un livre qui fait pourtant partie des plus rares qui soient de cette époque.
Il s'agit de la «novelization» du fameux film de Jack Arnold, The Creature of the Black Lagoon (en France, L'Etrange Créature du Lac Noir) paru en 1954 à Londres chez Dragon Books d'abord en livre relié avec jaquette puis, toujours chez le même éditeur, en poche, avec reprise de l'illustration du hardcover. Et paradoxalement, la version poche est encore plus rare que la première...

C'est l'édition reliée avec une jaquette un peu défraichie qui vient d'être proposée sur eBay par un libraire canadien pour la somme astronomique de 6.500 US$ (+ de 5.000 Euro) !

Rappelons que «Vargo Statten» fut le pseudonyme le plus connu de John Russell Fearn (1908-1960) qui en a utilisé une bonne vingtaine en SF mais aussi en Policier et en Western. Un de ses romans policiers, écrit sous le nom de John Slate, Black Maria, a été publié en 1951 dans la coll. «Le Limier» chez Albin Michel.


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JACQUES BERGIER publié en Roumanie


Presque 30 ans après sa mort, Jacques Bergier est pour la première fois traduit en Roumanie pour un livre écrit par lui seul (La Matin des Magiciens signé avec Louis Pauwels a eu récemment une édition là-bas...).


Il s'agit des Maîtres secrets du temps paru initialement chez J'Ai Lu en 1974 dans la collection «Aventure Mystérieuse». La préface est signée de notre ami Patrick Clot (qui nous dira peut-être ici comment a-t-il été contacté ?).

Fiche technique :
Titre roumain : Stapanii Oculti ai Timpului
Editeur : PRO Editura si Tipografie, 2006
Nombre de page: 117
Broché
Format: 230 x 155 mm
Préface par Patrick Clot
Titre et décoration et bibliographie tirée de Jacques Bergier - Résistant et scribe des miracles par Charles Moreau, Ed. MNH/Anthropos, Québec 2002.


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mardi 21 novembre 2006

Un roman au Québec sur Rennes-le-Château...


Je viens de repérer ça chez un petit éditeur québécois qui vient de se lancer, Le Calame, et je vais essayer de voir ce qu'il en est.



Les Écritures Interdites T1 (sur trois prévus...)

Asmodaeus reditus

de Jean-Claude Bataille


«Décembre 680, dans le centre de l'Espagne, non loin de Tolède, une communauté de moines traducteurs est secouée par une malédiction. Treize siècles plus tard, dans le nord de la France, un cadavre mutilé est découvert.Quel rapport peut-il y avoir ? Paul Dassonville, chargé de l'enquête est bientôt rejoint par Sean Berthold, mystérieux enquêteur d'Interpol. Le meurtrier a laissé deriière lui un indice sous forme d'un message : Asmodaeus reditus. Le diable Asmodée est de retour. Plus inquiétant, les enquêteurs découvrent que le diable Asmodée opère selon un rituel bien précis depuis plusieurs siècles. Une chasse à 'homme époustouflante mènera les enquêteurs sur le chemin de la vérité absolue, le voie de la lumière...»
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lundi 20 novembre 2006

DES AILES DANS LA NUIT de Nathalie Henneberg


La belle collection «Terres Fantastiques» dirigée par Xavier Legrand-Ferronnière chez Terre de Brume vient de s'enrichir d'une réédition du recueil de Nathalie Henneberg L'Opale entydre publié en 1971 chez Christian Bourgois. Cette réédition est réalisée sous le titre voulu originellement par l'auteur, à savoir Des Ailes dans la Nuit.
Les 5 longues nouvelles se déroulent dans l'Europe Centrale de la première moitié du XXeme siècle, la plupart du temps juste après la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Le style est riche et l'inspiration proche de celles des auteurs de langues allemande ou slaves. Comme l'a dit d'elle Jacques Bergier, Nathalie Henneberg fait partie des magiciennes de la littérature fantastique.
Mais ce livre est bien plus qu'une simple réédition car il comporte aussi un impressionnant dossier biographique et bibliographique sur l'auteur réalisé par Charles Moreau qui livre ici quantité de faits connus ou pas sur la vie et l'oeuvre de Nathalie Henneberg qu'il a personnellement connue avant son décès en 1977. Le plus important de tous étant bien entendu la démonstration impeccable que Charles Henneberg n'a fait que servir de prête-nom à sa femme jusqu'à sa mort subite en 1959 et que donc Nathalie a tout écrit ,elle et elle seule, y compris le fameux roman La Naissance des Dieux (1954). Il est dommage que le travail exceptionnel de Charles Moreau ne soit pas mieux signalé sur le livre, au moins en page 4 de couverture... Ceci d'autant plus que cette réédition lui doit beaucoup. Espèrons en tout cas que d'autres la suivront...
224 p. , septembre 2006, 18,25 Euro
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