vendredi 15 décembre 2006

LE CALVAIRE DES SEZNEC

Il n'est pas autorisé, dit-on, de mettre en cause une décision de justice. Mais l'épilogue provisoire (enfin, espèrons-le encore même si...) du parcours du combattant judiciaire entrepris voici 30 ans par Denis Seznec pour faire réhabiliter son grand-père accusé de meurtre il y a 82 ans, montre une nouvelle fois à quel point la Justice est une vieille dame hargneuse qui ne supporte pas d'avoir eu tort.

Ceux qui soutiennent que tout est parfait car la Cour de Cassation a ainsi démontré qu'elle était indépendante de la pression médiatique, etc., bref que nous sommes dans le meilleur des mondes, oublient un peu vite que c'est grâce à cette même pression des médias que l'affaire Dreyfus et celle d'Outreau, pour ne prendre que ces deux exemples parmi d'autres trop nombreux, ont fini par être rejugées dans le bon sens, celui de la vérité.

J'ai eu le grand plaisir de passer, au printemps 1997, un week-end entier à Becherel, ce magnifique village médiéval breton dédié au livre, avec Denis Seznec et son épouse. Si je connaissais les grandes lignes de l'affaire, cette rencontre assez longue (le hasard avait fait que, pour ce festival du livre, nous dédicacions l'un à côté de l'autre et que nous logions au même endroit) m'a permis d'en découvrir une foule de détails que j'ignorais. Des détails qui m'ont conforté dans l'idée que Guillaume Seznec était innocent du meurtre dont on l'accusait. La lecture du livre incontournable de Denis Seznec a fait ensuite le reste.

La dernière édition de NOUS LES SEZNEC vient d'ailleurs de paraître, grandement remise à jour, chez Robert Laffont. Un site est également consacré à l'affaire : http://www.france-justice.org/ .

La décision pour le moins «inattendue» de la Cour de Cassation alors que tout semblait, enfin, être sur la bonne voie, outre l'immense déception créée, va donc encore accroître le mépris dangereux dont la Justice fait de plus en plus l'objet en France. Cette Justice avait pourtant ici une occasion inespérée de redorer son image après le «pétard mouillé» des suites dans la réalité de la «prise de conscience» de la sinistre farce d'Outreau. Elle l'a laissée passer ! Et ce n'est pas la masquarade d'un ministre «saluant» le combat de Denis Seznec devant la presse après l'avoir laissé se faire poignarder dans le dos qui va améliorer les choses...


RDN