lundi 11 août 2008

LEIGH BRACKETT, PRINCESSE DE MARS

Dans le flot éditorial trop souvent dépourvu d'intérêt que déversent les éditeurs de SF et de Fantasy français dans nos librairies, il y a des livres qui font plaisir à voir et que l'on sait essentiels. LE GRAND LIVRE DE MARS de Leigh Brackett, aux Éditions du Bélial, en fait partie.
Monumentale anthologie regroupant dans des traductions révisées pour la circonstance le contenu du mythique Livre de Mars publié dans le Club du Livre d'Anticipation de chez OPTA en 1969 plus le roman La porte vers l'infini/L'épée de Rhiannon, ce pavé de 640 pages constitue un véritable bonheur de lecture et un bain de jouvence dans ce genre romantique et plein de fureur et de dépaysement qu'est cette Science Fantasy à la frontière de la SF et de la Fantasy et dont Edgar Rice Burroughs fut plus ou moins le père fondateur, déjà avec une série «martienne».
Ce livre sera aussi sans doute l'occasion pour les lecteurs de fraiche date de découvrir un des auteurs majeurs de la SF classique américaine. Épouse d'un autre «grand» du genre, Edmond Hamilton, Leigh Brackett fut aussi une scénariste réputée à Hollywood, ayant à son palmarès des films tels que Le Grand Sommeil, Rio Bravo, Le Privé ou encore L'Empire contre-attaque. Excusez du peu...
Ce voyage sur une planéte rouge de légende à l'antique et fantastique civilisation pleine de sortilèges est enrichi d'une superbe préface pleine d'émotion de Michael Moorcock et d'une imposante postface bio-bibliographique signée Charles Moreau, qui a correspondu avec Leigh Brackett et fait publier trois de ses nouvelles dans les magazines Fantastik et Thriller au début des années 1980. Une bibliographie par Alain Spruel complète le tout.
Retrouvez donc ces fameux héros que sont Eric John Stark, Matt Carse et quelques autres. Ils on fait rêver des générations de lecteurs et d'auteurs et ils n'ont pas pris une ride grâce au talent intemporel de Leigh Brackett.

Le Grand Livre de Mars
Leigh Brackett
Éditions du Bélial, 2008, 640 p.

RDN

jeudi 22 mai 2008

«LE DIABLE DU DEVONSHIRE» : LE RETOUR DE HARRY DICKSON CHEZ SOLEIL

Dessin de couverture d'Olivier Roman pour
Harry Dickson T.12


Après trois ans de «vacances prolongées» pour des raisons sans rapport avec lui, Harry Dickson fait son retour en librairie, en principe au mois de septembre 2008, avec ce 12eme album tournant autour du mystère dit de la «Bête» ou du «Diable du Devonshire».

Cette histoire de mystérieuses traces de «sabots» dans la neige en février 1855 avait défrayé la chronique à l'époque et a été abordée en détail et avec son humour caustique habituel par Charles Fort dans son fameux Livre des Damnés. Le scénario est inspiré en partie par ma nouvelle «Nouveaux aperçus inquiétants sur la Bête du Devonshire». Et c'est bien entendu le talentueux Olivier Roman qui est toujours au dessin.

Mais ce nouvel album est aussi le plus «holmesien» de la série puisque Sherlock Holmes y fait une longue apparition, ainsi que son créateur Arthur Conan Doyle ! On y retrouve aussi (y compris en couverture...) le personnage désormais récurrent du Pr. Linyon St. Yves, l'alter ego en BD de Yves Lignon, un des rares scientifiques à étudier la parapsychologie en France... doublé d'un grand spécialiste de l'univers de Sherlock Holmes ! Univers dont est issu comme chacun sait le personnage de Harry Dickson.

La confrontation sur le dossier du «Diable» entre le meilleur enquêteur de l'Occulte de Londres et notre Grand Détective, pour qui seule compte la logique rationnelle, va faire des étincelles...


HARRY DICKSON T.12 : Le Diable du Devonshire
par Richard D. Nolane & Olivier Roman
Editions Soleil, sept. 2008


RDN

jeudi 8 mai 2008

JIMMY GUIEU : APPEL À TÉMOIGNAGES

Bonjour,

Pour des travaux biographiques, je recherche toute personne ayant connu Jimmy Guieu (ou toute personne pouvant m'indiquer quelqu'un qui l'aurait connu et qui serait susceptible d'être contacté par moi, y compris par lettre) entre les années 1940 et 1970 comprises.

Cet appel n'a pas de limite dans le temps.

Me contacter par email : gordon_pacha@hotmail.com

Merci d'avance !

RDN

lundi 21 avril 2008

UNE NOUVELLE BD SUR LE TITANIC !

Dessins de Patrick A. Dumas

A paraître en octobre 2009 si tout se passe bien, Corpus Hermeticum : Titanic, dessiné par Patrick A. Dumas sur un scénario de votre serviteur est programmé pour la nouvelle et prometteuse collection de chez Soleil, «Terres Secrètes» dirigée par Jean Wacquet et Nicolas Takian.

«Terres Secrètes» se propose au travers de récits de Fantastique ou de SF de visiter les dessous inconnus de l'Histoire. La collection abrite aussi bien des mini-séries que des one-shot (c'est le cas de cet album) regroupés sous l'appelation Corpus Hermeticum et présentés comme des épisodes surgis des pages d'un mystérieux grimoire pour qui le temps ne semble pas avoir de sens.

Passionné par l'histoire de la marine, j'ai toujours été fasciné par le destin du Titanic. J'avais depuis un bon quart de siècle accumulé pas mal de documentation sur ce bateau et sur la catastrophe qui en a fait un mythe moderne avec l'espoir de trouver l'occasion d'écrire un jour une histoire fantastique dessus. C'est maintenant chose faite avec ce scénario qui mêle réalité et fiction et qui va jouer avec une bonne partie des mystères entourant toute cette affaire. Ce sera aussi un hommage à Morgan Robertson, l'homme qui a raconté le naufrage et décrit le navire 14 ans avant les faits !

Le dessin sera donc assuré par le talentueux Patrick A. Dumas, qui est en train de terminer un nouvel album de sa série Allan McBride (chez JYB Aventure), série qui montre bien que nous partageons la même passion pour le mystère et le surnaturel...!




RDN

APPEL À TEXTES POUR UNE ANTHOLOGIE EN HOMMAGE À JIMMY GUIEU

Couverture de Patrick Dumas


Les éditions Black Coat Press ont décidé de lancer un nouvel appel à textes pour la collection Rivière Blanche. En accord avec Lucia Guieu, l'ouvrage aura pour titre provisoire Dimension Jimmy Guieu et paraîtra en janvier 2010 à l’occasion du 10e anniversaire de la mort de l’auteur. Il sera réalisé sous la direction de Richard D. Nolane.

Il s'agit de proposer des nouvelles aventures autour des personnages des romans et séries de Jimmy Guieu ou de mettre Jimmy Guieu lui-même en scène. Aucun texte de mauvais goût ne sera accepté.

Il est demandé aux auteurs d'envoyer à l’anthologiste avant d'écrire leur nouvelle le nom du ou des personnages qu’ils ont l’intention de mettre en scène, ceci pour permettre un panachage équilibré.

Sachant que Gilles Novak, Jean Kariven et Blade & Baker seront probablement les plus proposés, les places seront dans ces cas plus disputées que si ce sont d’autres personnages de Jimmy Guieu venus de mini-séries moins connues ou de romans «solitaires» qui sont proposés.

Pour ce qui est des personnages venus d’ouvrages publiés sous d’autres noms, seuls ceux de la brève série du Glaive que vient de publier Rivière Blanche seront acceptés. La Yolanda des «Dominique Verseau» ne le sera pas pour des raisons disons de… bienséance et les héros d’espionnage des «Jimmy G. Quint» non plus pour des raisons de droits et de style (c’est Georges Pierquin qui les rédigeait sur des scénarios de Jimmy Guieu). Restent les personnages des deux romans policier signés «Claude Rostaing» au début des années 1950 dans la collection «La Loupe» qui sont si peu connus que l’anthologiste est prêt à étudier toute proposition les concernant.

D’autre part, il est impératif que les nouvelles se déroulent à l’époque de la première publication des livres concernés. Par exemple, Jean Kariven est un héros des années 1950 et non d’aujourd’hui alors que Gilles Novak, suivant l’endroit où va s’insérer la nouvelle dans sa saga, sera un héros des années 1960 à aujourd’hui. En revanche toute idée d’histoire se situant avant l’apparition en librairie d’un personnage, ce qu’on appelle en bon franglais, une «préquelle» sera prise en considération, de même que les «cross-over» entre deux personnages appartenant à des univers différents du moment que l’auteur pourra justifier correctement la rencontre en question.

Donc, ne pas utiliser comme base de départ les versions «modernisées» rééditées dans la collection «SF – Jimmy Guieu» par Plon, etc. Et ne tenir en aucun compte cas des «suites» écrites par d’autres auteurs dans cette même collection. Certaines des VO ont été rééditées par le Fleuve Noir dans la collection «Lendemains retrouvés» dans les années 1970. Cet aspect «authentique» et «vintage» est essentiel dans le cadre de cet hommage.

La date de remise des textes est fin septembre 2009. La longueur des textes est libre.

Les auteurs recevront deux exemplaires de l'anthologie (avec possibilité d’en acheter d’autres à un prix très réduit) et conserveront leurs droits sur leur texte, nouvelle ou autres. Ceci leur sera notifié par lettre-contrat après acceptation du texte.

Pour tout contact, l’adresse email de Richard D. Nolane est : gordon_pacha@hotmail.com

RDN

mercredi 2 avril 2008

MAURICE LIMAT, LE CHEVALIER COQDOR ET MARTERVENUX SONT DE RETOUR...


MarTerVenux est un de ces ouvrages qui font fuir l'édition traditionnelle mais qui constituent dans le même temps une des raisons d'être du récent secteur de l'édition numérique dont le développement est intimement lié à celui Internet.

Maurice Limat, un des «monstres sacrés» de la littérature populaire française entre les années 1930 et les années 1980, a été un des piliers du Fleuve Noir «Anticipation» au cours des trente dernières années de sa carrière. À cette occasion, il a publié plus de 50 romans se rattachant à une épopée interplanétaire de l'Humanité, nombre d'entre eux mettant en scène un enquêteur galactique sortant des sentiers battus, le chevalier Coqdor. Cette énorme création regorge de trouvailles et témoigne d'une vision galactique étonnante dans l'histoire du Space Opera made in France. Elle a attiré l'attention d'un grand connaisseur en matière de littérature populaire, Jean-Marc Lofficier, par ailleurs éditeur de Rivière Blanche, l'héritière directe de la magie du Fleuve Noir.

Jean-Marc Lofficier a vite pointé le seul vrai défaut des romans de Maurice Limat, à savoir qu'ils étaient écrits dans l'urgence et publiés sans avoir été corrigés par l'éditeur, ce qui provoquaient des scories, des petites erreurs et des passages un peu «relâchés». Il a donc décidé de rééditer des versions revues et corrigées de quelques une des titres les plus connus du cycle (à ce jour Le treizième signe du Zodiaque et Ici finit le monde) en leur adjoignant des suites fidèles à leur esprit et rédigées par lui en collaboration avec Jean-Michel Archimbault, respectivement, Le quatorzième signe du Zodiaque et Là où s'ouvre l'univers...

La création d'une «bible» pour cette louable initiative a conduit Jean-Marc Lofficier à rassembler la matière d'une petite encyclopédie particulièrement réjouissante et instructive de l'univers du MarTerVenux (lisez «MarsTerreVénus») précédée d'un résumé et d'une appréciation de l'ensemble des romans de Maurice Limat qui s'y rattachent. De ce travail ressort l'évidence de la richesse de cette saga rédigée souvent à la hâte par un auteur vivant exclusivement de sa plume dans un secteur de l'édition où la productivité a toujours été synonyme de survie.

Ce livre sympathique constitue un compagnon indispensable au volume collectif Maurice Limat, l'entreprise du rêve, paru en 2002 aux Éditions de l'Oeil du Sphinx. On notera aussi la belle couverture de Christine Clavel pastichant avec talent celles de Brantonne du temps des «Anticipation» dits «à la fusée».


MarTerVenux
L'Encyclopédie de l'univers du Chevalier Coqdor
par Jean-Marc Lofficier (d'après l'oeuvre de M. Limat)
Editions Rivière Blanche Hors Série, couv. Christine Clavel, 2008 168 p. 15 Euros.

Le Quatorzième signe du Zodiaque
par Jean-Marc Lofficier & Jean-Michel Archimbault (d'après M. Limat), précédé de la réédition revuet et corrigée du Treizième signe du Zodiaque par M. Limat.
Editions Rivière Blanche «Anticipation» #2028, couv. de J. M. Ponzio, 2006, 364 p. 20 Euros.

Là où s'ouvre l'Univers
par Jean-Marc Lofficier & Jean-Michel Archaimbault (d'après M. Limat), précédé de la réédition revue et corrigée de Ici finit le monde par M. Limat.
Editions Rivière Blanche «Anticipation» #2041, couv. de Yoz, 2008, 324 p., 20 Euros.

Le site de Rivière Blanche se trouve à cette adresse : http://www.riviereblanche.com/


RDN

mercredi 19 mars 2008

RENNES-LE-CHATEAU : LA BD



Publié originellement sous une couverture différente par les éditions Bélisane (cartonnée, 1985 puis brochée, 1995) cet album N&B était épuisé. Cette nouvelle édition de l'album par l'Oeil du Sphinx a été revue et corrigée pour l'occasion. Elle est complètée par 4 planches couleurs inédites en fin de volume contant la légende du berger Paris liée directement au trésor de Rennes-le-Château.

Oeuvre de trois «enfants du pays» dont l'un, Antoine Captier (devenu en mars 2008 conseiller municipal de Rennes-le-Château) est depuis longtemps un des acteurs principaux de toute l'affaire, cet album réussit à évoquer avec un talent certain pour ce qui est du scénario une histoire intégrant tous les éléments devenus «classiques» du mystère tournant autour de l'abbé Saunière. En cela il constitue pour le profane une excellente et facile introduction au sujet et pour l'amateur un agréable moment de lecture. Quant au dessin, s'il n'atteint pas vraiment le niveau de la BD professionnelle publiée par les éditeurs spécialisés, il se situe sans avoir à rougir dans le créneau éditorial de la BD «régionaliste» affectionnant, on le sait, les albums à thèmes ancrés dans l'histoire locale.


Excellente initiative de la part de l'Oeil du Sphinx, donc, d'avoir redonné une nouvelle vie à cet album dans une édition à la présentation soignée.

Rennes-le-Château : le secret de l'abbé Saunière
par Antoine Captier, Marcel Captier (scénaristes) et Michel Marrot (dessinateur)
Éditions de l'Oeil du Sphinx, 2007, Coll. «Serpent Rouge» #11, album cartonné grand format, 74 p. 15 Euros.

Cet album est disponible par correspondance à la librairie Atelier Empreinte à Rennes-le-Château ( http://www.atelier-empreinte.com/ ), librairie spécialisée dont l'amateur pourra appécier la richesse du catalogue. Le site des éditions de l'OdS se trouve, lui, à l'adresse suivante ; http://www.oeildusphinx.com/ .

RDN

jeudi 13 mars 2008

RENNES-LE-CHATEAU EST ORPHELIN...

Jean-Luc Robin étaient de ceux qui depuis des années «incarnaient» Rennes-le-Château. Toujours en première ligne pour défendre le respect des lieux et celui de la vérité historique, il voulait mettre un terme à la transformation rampante du village en une sorte de «Saunièreland» pour touristes. Il venait tout juste de réussir le plus important, prendre la mairie le 10 mars avec quelques amis sûrs, lorsqu'une crise cardiaque l'a terrassé 48 heures plus tard... Il avait 58 ans.
Travailleur infatigable et soumis à plus de stresses personnels et professionnels que bien des gens, il semble qu'il ait négligé une première alerte de santé voici quelques temps. Mais tous ceux qui le connaissaient savaient bien qu'il était inutile de demander à cet homme de caractère de «lever le pied», surtout avec la perspective de gagner les élections municipales en vue.

En 1994, il revient à Rennes-le-Château (qu'il avait bien connu dans son enfance) et entreprend la restauration et la présentation au public du domaine de l'abbé Saunière en montrant que l'exactitude historique ne détruit pas pour autant le mystère. Depuis plusieurs années, son bar-restaurant, La Table de l'Abbé, installé dans les jardins du domaine accueillait chaque été une série de conférences hebdomadaires ainsi qu'un «méchoui des chercheurs» qui étaient devenus une véritable institution locale.


Sa thèse sur le véritable «secret» de l'abbé Saunière, il va la développer dans un excellent livre, Rennes-le-Château : le secret de Saunière (préfacé par Henry Lincoln, Ed. Sud-Ouest, 2005), un ouvrage en grand format à l'iconographie couleur superbe et souvent peu connue, très agréable et instructif à lire. Le livre se révèle vite un succès de librairie et, fait rarissime, est réédité, cette fois en anglais, toujours par les Éditions Sud-Ouest (traduit rien moins que par Henry Lincoln...) et dans une présentation à l'identique. En 2006, Jean-Luc Robin publie à nouveau chez Sud-Ouest un autre livre (de chroniques, cette fois), plus court mais intéressant à lire pour toutes les anecdotes qu'il conte, Rennes-le-Château, mon village à l'heure du Da Vinci. Il avait en projet plusieurs autres livres dont un sur les mystères de la ville voisine de Carcassonne, célèbre dans le monde entier pour sa cité médiévale et, comme scénariste, une BD déjà bien avancée l'histoire de l'abbé Saunière qui devait en principe sortir chez Paquet en Suisse et dont j'avais pu voir quelques planches.


Si sa disparition est une perte immense pour sa famille et ses amis, elle l'est tout autant pour Rennes-le-Château qui est sous le choc. Et nul doute qu'il va bien se trouver quelqu'un pour «démontrer» un jour où l'autre qu'après le «Trésor Maudit» de Rennes-le-Château popularisé par Gérard de Sède, voici venu le temps de la «Mairie Maudite» de Rennes-le-Château ! De quoi amuser l'ami Jean-Luc là d'où il contemple les choses maintenant...

À l'occasion de mon séjour en France, on avait pris rendez-vous avec Jean-Luc (fin cuisinier, malheureusement maintenant pour de bon «devant l'Éternel») pour un «méga-cassoulet» suivant ses termes et en fin de compte, c'est pour son enterrement qu'on va se retrouver... Il y a des jours où la vie est vraiment dégueulasse.

Pour en savoir plus sur Jean-Luc Robin, on pourra lire l'interview ci-dessous :

RDN



mardi 26 février 2008

LES VOYAGES DE POUL ANDERSON

L'Américain Poul Anderson (1926-2001), un des écrivains les plus primés de la SF mondiale, «monstre sacré» du genre dans les pays anglo-saxons, a longtemps déplu aux «bien-pensants» de gauche de la SF hexagonale. Ce n’est que depuis ces toutes dernières années qu’on assiste enfin à son retour chez les éditeurs français avec des rééditions mais aussi des inédits comme les textes encore non-traduits du cycle de La Patrouille du Temps.

Jean-Daniel Brèque était le plus qualifié qui soit pour écrire Orphée aux Étoiles : les voyages de Poul Anderson, lui qui a ausculté, autopsié, traduit et suivi pas à pas l’œuvre de l’auteur depuis des décennies.

Le résultat est à la hauteur des espérances puisque voici un ouvrage de référence précis qui mêle habilement la biographie et l’étude littéraire tout en offrant une complète bibliographie en volumes (30 pages...) en fin de livre.

Avec finesse, Jean-Daniel Brèque montre l’évolution de Poul Anderson au travers de plus de 50 ans de carrière et comment il a presque créé à lui tout seul le genre mêlant Fantasy, Mythologie nordique et Histoire.

La tragédie et la lutte contre l’entropie qui frappe aussi bien l’être humain solitaire que la plus grande des civilisations font partie intégrante de l’œuvre de Poul Anderson, tout comme le souci constant de vraisemblance scientifique (y compris pour l’Histoire en temps que science humaine) et de qualité littéraire. Dans son impressionnante variété, l’œuvre andersonnienne touche souvent au fameux sans jamais sombrer dans la médiocrité, même dans les textes secondaires qui apparaissent inévitablement ici et là dans un tel flot littéraire.

Jusqu’à maintenant, il n’existait qu’un seul ouvrage critique sur Anderson, Against Time’s Arrow de Sandra Miesel, paru en 1978 aux USA et donc fatalement incomplet en dépit de ses qualités. Orphée aux Étoiles, qui couvre lui la totalité de l’œuvre de l’auteur tout en étant particulièrement agréable à lire, vient donc réellement combler une lacune à l’échelle mondiale !

ORPHÉE AUX ETOILES : LES VOYAGES DE POUL ANDERSON
par Jean-Daniel Brèque
Ed. Les Moutons Électriques, 175 p., 2008, 20 Euros

(La couverture présentée ici n'est pas celle de l'édition brochée vendue en librairie mais celle d'un tirage spécial hors commerce de 30 ex. numérotés, reliés et avec jaquette...)

RDN

lundi 25 février 2008

DICTIONNAIRE DU ROMAN POPULAIRE FRANCOPHONE

Un voyage de 500 pages grand format dans l'univers méconnu du Roman Populaire sous toutes ses formes (Aventures, SF, Mystère, Fantastique, Policier, Espionnage, Sentimental, etc.), tel qu'il divertit les lecteurs depuis bientôt deux siècles.
Un voyage en 500 entrées présentant auteurs mais aussi séries, collections, personnages, illustrateurs, etc.
Une mine de renseignements qu'on peut aussi déguster au fil des pages, en quête de données précises ou d'anecdotes, mais aussi tout simplement pour le plaisir de la lecture. Ajoutons à cela un beau cahier iconographique hors texte et en couleurs de 22 pages au coeur de l'ouvrage et qui est un régal pour les yeux.
Plusieurs dizaines de connaisseurs ont prêté leur plume pour la rédaction des entrées, parmi lesquels des spécialistes bien connus comme Charles Moreau, Jacques Baudou, Paul Bleton, François Ducos, Thierry Chevrier, Marc Madouraud, Jean-Luc Buard, Norbert Spehner, Pierre Turpin, Paul Maugendre et bien d'autres.
Incontournable pour l'amateur de littérateur populaire.

Sous la direction de Daniel Compère
Préface de Pascal Ory
Nouveau Monde Éditions, 2007, 500 pages, couverture cartonnée couleurs, 39 Euros

RDN

SCI FI MAGAZINE 4

On ne l'attendait plus mais le numéro 4 de SCI FI Magazine est arrivé en kiosque fin janvier !

Sous la direction éditoriale de Bernard Thouanel et d'Alain Carrazé, cette nouvelle livraison confirme l'amélioration régulière du magazine qui poursuit sa politique éditoriale originale et intéressante de faire cohabiter la SF et le Paranormal en montrant au passage les nombreuses passerelles qui relient les deux depuis bien longtemps.

Parmi les points forts de la partie SF on notera le gros reportage abondamment illustré de Bernard Thouanel sur la Convention spéciale 30 ans de STAR WARS à Los Angeles ainsi que des articles collectifs sur les mutants et le voyage dans le temps.
Du côté des OVNI, et toujours sous la signature de Bernard Thouanel, un autre reportage complet sur la Conférence de Washington le 12 novembre 2007 qui a marqué l'année ufologique.
Quant à l'UFO-fiction, elle se taille un peu la part du lion puisque sur 16 pages, on trouve pas moins d'un article sur les Soucoupes Volantes dans la SF (par votre serviteur), d'un autre sur le tournage de l'excellent téléfilm Roswell de 1994 avec Kyle MacLachlan dans le rôle du major Marcel, scénarisé par Paul Davids et réalisé pat Jeremy Kagan (par Bernard Thouanel) et d'un troisième plutôt original et réjouissant sur la soucoupe des Envahisseurs avec fiche technique et plans à l'appui signé Jean-Christophe Carbonnel.

Bref, un numéro à ne pas manquer et qui continue à trancher sur ce qu'on trouve dans la presse spécialisée...

RDN

samedi 17 novembre 2007

PIERRE K. REY est mort...

Pierre K. Rey, Pierre Jouvert de son vrai nom, est mort à 60 ans le soir du vendredi 16 novembre 2007 dans le hall d'entrée de mon immeuble à Montréal, au Québec. Un infarctus «massif», suivant le terme du médecin, a eu raison de cet ami que je connaissais depuis 32 ans et que, après une séparation géographique au cours des années 1990, j'avais retrouvé par les hasards de la vie à Montréal en 1999. Depuis nous étions voisins dans l'agréable quartier de Côte-des-Neiges.

Alors qu'il avait été un des meilleurs anthologistes de la SF en France doublé d'un traducteur de talent, suite à des problèmes personnels et de santé et à quelques petites trahisons de trop dans le petit milieu de l'édition spécialisée, Pierre avait décidé de se détacher de la SF en 2001 (au point de ne plus lire le moindre livre !) pour se consacrer uniquement à l'informatique et se replonger dans sa vieille passion pour le cinéma.


En attendant mieux, on trouvera ci-joint le texte (revu pour la malheureuse occasion...) de la fiche qu'on m'avait demandé sur lui pour le Dico de la SF de J. Goimard et Co. chez l'Atalante avant qu'une «restructuration» ne l'en fasse scandaleusement exclure par les rédacteurs. Pierre n'a jamais eu connaissance de cette ultime trahison que je n'avais pas encore eu le courage de lui avouer. J'espère que d'où il se trouve désormais, il voudra bien me pardonner...


REY, PIERRE K. Pseudonyme de Pierre Jouvert (Alès, Gard, 29 janvier 1947 – Montréal, Québec, 16 novembre 2007). Anthologiste, traducteur, critique et directeur de collection français installé depuis 1989 au Québec. Il débute en 1974 dans Horizons du Fantastique puis participe à la rédaction de Spirale et à Thriller avant d’entrer à Fiction au tout début des années 1980. Il est rédacteur en chef adjoint de Galaxies de 1996 à 2001. En France, il a travaillé dans le service informatique d’une banque puis, en amateur averti de cinéma, co-dirigé des salles d’art et essai.
Spécialiste de la SF anglo-saxonne moderne, Pierre K. Rey voit en elle un excitant miroir révélateur du monde d’aujourd’hui. Dès 1981, il publie avec Pascal J. Thomas un essai précurseur sur le sujet,
La nouvelle SF américaine. L’année suivante, c’est L’Amérique aux fantasmes, sa première anthologie qui parait sous la forme d’un numéro spécial de Fiction. Treize autres suivront en huit ans, dans la coll. «Science & Fiction» qu’il dirige aux Ed. Londreys (ADN, Société Anonyme, 1986 ; Images de la Troisième Guerre Mondiale, 1986 ; L’assassin habite au XXIeme siècle, 1987 ; Tropique des étoiles, 1987) ainsi que chez d’autres éditeurs (La femme infinie, 1983 ; Le Livre d’Or d’Orbit, 1983 ; Le Livre d’Or de James Tiptree, 1986 ; Pavane au fil du temps de R. Silverberg, 1989 ; Univers, 5 vol. de 1986 à 1990).
Pierre K. Rey, reconnu pour la rigueur de ses sélections de textes et de ses articles critiques, avait regrettablement cessé toute activité littéraire depuis 2001.


Salut l'ami, tu nous manques déjà cruellement.



RDN

mercredi 10 octobre 2007

NOTRE AGENT EN JUDÉE par Franco Mimmi

Et si la dramatique histoire du Christ n'était qu'une opération politique romaine qui aurait mal tourné en Palestine ?
Cette idée sert de colonne vertébrale au scénario de l'astucieux roman de l'Italien Franco Mimmi qui renouvèle ce nouveau sous-genre littéraire tournant autour du personnage de Jésus, accommodé à toutes les sauces, de la meilleure à la moins digeste, et qu'on pourrait appeler «Christifiction»...
Sous l'empereur Tibère, la Palestine est toujours un chaudron politique et au rythme ou vont les choses, comme le dit un des personnages, il n'y aura bientôt plus assez d'arbres dans la colonie pour fournir les croix sur lesquels sont crucifiés des milliers de Juifs pratiquant la rebellion armée contre l'envahisseur.
Ponce Pilate, principal pourvoyeur en crucifiés commence lui-même à avoir des doutes sur sa méthode et à sentir que son avenir politique pourrait être compromis en cas de nouvelle révolte. C'est alors que Caïphe, le grand prêtre du Jérusalem, qui entretient des relations d'intérêt avec Ponce Pilate, propose à celui-ci de favoriser l'ascension d'un nouveau prophète nommé Jésus et qui prêche l'amour et le pardon universel au nom de Dieu. Enfin un prophète juif qui n'appelle pas aux armes ! Et qui, de surcroît, pourrait inciter ceux qui le suivent à mieux considérer les Romains, favorisant ainsi un espoir de paix civile dans la région.
Mais, si tout commence plutôt bien, quelques grains de sable ne vont pas tarder à gripper la machine et ouvrir la voie à la tragédie que l'on sait...
Dans un style clair et limpide, Franco Mimmi (qui a étudié son sujet dans les détails) propose au lecteur une relecture inspirée de la fin de la vie de Jésus et sans y mettre un atome de fantastique religieux. Jésus est ici un personnage historique, au sens strict du terme, un personnage attachant qu'on suit avec bienveillance dans sa marche vers un désastre annoncé mais qui ne se produira pas du tout pour les raisons exposées dans les textes sacrés.
Notre agent en Judée (Folio«policier» #422, 2006) a reçu en 2000 le Prix Scerbanenco (du nom d'un des plus fameux auteurs de polar noir italiens) pour le meilleur roman policier de l'année publié en Italie.
RDN

samedi 6 octobre 2007

CRYPTOZOOLOGIE : une biographie et un inédit de Bernard Heuvelmans !

La première biographie de Bernard Heuvelmans (1916-2001), l’homme à qui la cryptozoologie doit son nom, une grande partie de sa crédibilité et sa croissance comme discipline scientifique à part entière depuis les années 1950 est enfin parue !
Ce livre ouvre la «Bibliothèque Heuvelmansienne» aux éditions de l’Oeil du Sphinx et sous la direction de Jean-Luc Rivera. Et comme un bonheur ne vient jamais seul, il est publié en même temps qu’un inédit de Bernard Heuvelmans, Les félins encore inconnus d’Afrique !




Ami et collègue de très longue date de Bernard Heuvelmans, Jean-Jacques Barloy était bien placé pour écrire ce Bernard Heuvelmans : un rebelle de la Science. L’ouvrage, illustré de nombreuses photos inédites, repose sur les souvenirs personnels du Dr Barloy mais aussi sur l’importante documentation issue des archives de Bernard Heuvelmans et mise à sa disposition.
Rebelle aux dogmes, le Dr Heuvelmans l’a été toute sa vie mais sans pour autant entrer dans les rangs des «damnés» de l’establishment scientifique. C’était ce qu’on appelle aujourd’hui un électron libre du milieu académique, quelqu’un qui a réussi à échapper toute sa vie au système des subventions pour organiser ses recherches à peu près comme il l’entendait. Le prix à payer pour cette liberté intellectuelle fut une vie nettement plus spartiate que celle d’un chercheur professionnel ou d’un professeur d’université. Mais ce genre de «sanction» n’était pas du genre à faire reculer quelqu’un comme Bernard Heuvelmans, qui fut toujours soutenu par un cercle d’amis proches et par la femme qui illumina sa vie, l’écrivain Monique Watteau fort connue aussi dans le milieu de la peinture sous le nom d’Alika Lindbergh après son mariage dans les années 1960 avec le fils du célèbre aviateur américain.
Animé d’un respect sans faille pour tout ce qui était vivant, Bernard Heuvelmans avait adhéré au bouddhisme et affichait un dégoût profond pour tous ceux maltraitaient les animaux. Pour lui, aucune cause ne pouvait justifier cette maltraitance, y compris la recherche médicale et… la cryptozoologie ! Il faisait en effet partie de la minorité de chercheurs qui auraient été capables de laisser partir un Yéti plutôt que de devoir l’abattre pour en ramener la dépouille afin de satisfaire la fixation pour les preuves matérielles de la zoologie académique.
Bernard Heuvelmans était aussi un écrivain brillant avec un talent particulier pour saisir l’attention de ses lecteurs. Avec lui, la science devenait roman et le compliqué accessible à tous. Ses livres de cryptozoologie se dévorent souvent comme des thrillers d’exploration et d’aventures. D’ailleurs ce beau brin de plume taillé pour l’aventure et l’extraordinaire avait déjà été remarqué au début des années 1950 par l’éditeur belge Marabout qui avait alors proposé à Bernard Heuvelmans d’écrire ce qui allait devenir la série Bob Morane. Sentant que cela risquait de dépasser ses capacités de travail pourtant impressionnantes, Bernard Heuvelmans avait décliné l’offre et proposé à sa place son ami Charles Dewisme qui allait connaître ainsi la gloire sous le nom de Henri Vernes…

Ce talent de conteur érudit sans jamais devenir raseur se retrouve évidemment dans l’autre inédit proposé par l’Oeil du Sphinx, Les félins encore inconnus d’Afrique. Au travers de trois grandes parties qui sont autant d’enquêtes zoologiques, Bernard Heuvelmans opère une exploration fascinante du monde des félins mystérieux du continent noir, exploration dominée par le tiers du livre réservé au mystère des apparitions documentées au fil des décennies de ce qui ressemble à des cousins des terribles tigres à dents-de-sabre de la préhistoire qui terrorisaient nos ancêtres des cavernes. Ce croisement entre les célèbres romans des «Âges farouches» (on pense ici plus au Félin géant qu’à La Guerre du Feu) de J. H. Rosny aîné et les récits de grandes chasses et d’explorations africaines constitue un moment de lecture exceptionnel.
Pour se procurer ces livres en grand format, le plus simple est bien sûr de se rendre sur le site http://www.oeildusphinx.com/.

RDN

jeudi 16 août 2007

ENEMY BEYOND PLUTO de JEAN-GASTON VANDEL

Les Fleuve Noir «Anticipation» à avoir été traduits en anglais ne sont pas légion. Tous l’ont été aux USA, sauf un, en fait le tout premier, qui est paru, lui, en Angleterre en 1954 chez Hector Kelly à Londres, un de ces «mushroom publishers» (éditeurs poussant ici et là à la vitesse des champignons pour mourir tout aussi vite…). Ce précurseur, puisque aucun autre «Anticipation» ne paraîtra ensuite en anglais avant les années 1970, c’est Enemy Beyond Pluto, traduction d’Attentat Cosmique de Jean-Gaston Vandel («Anticipation» 21, 1953).

L’édition Hector Kelly, reliée avec jaquette est quasiment introuvable avec ladite jaquette. Mais il existe une autre édition, cette fois brochée format poche, parue sous le label mystérieux d’Evergreen Books et qui ressemble fort à une remise en vente à bas prix (sans date mais certainement du milieu des années 1950) de l’intérieur des invendus de la première.

Les renseignements sur Hector Kelly et Evergreen Books étant quasiment inexistants et le livre n’étant même pas répertorié à la British Library (ceci sans parler du silence qui règne à son sujet sur Internet…), la seule chose qui semble certaine est qu’il constitue la plus rare au monde des éditions de Jean-Gaston Vandel et une authentique pièce de collection dans ses deux éditions. Je n’ai jamais vu celle de Hector Kelly mais ayant mis la main sur celle d’Evergreen Books, il m’a semblé intéressant de la signaler aux amateurs du Fleuve Noir «Anticipation».

Je reste évidemment preneur pour tout renseignement complémentaire sur ces deux éditions pour le rajouter à cette entrée.

RDN

mardi 24 avril 2007

A. BERTRAM CHANDLER, TRAHI DE L'ANGLAIS PAR...

J'étais tout content de voir qu'enfin quelqu'un s'était décidé à traduire en français un roman de A. Bertram Chandler (1912-1984), ce grand oublié chez nous du Space Opera classique que j'ai eu le plaisir de rencontrer une fois en Angleterre voici presque 30 ans (on ne doit pas être beaucoup à avoir un exemplaire de Rendez-vous sur un monde perdu en «Anticipation» dédicacé par l'auteur...). Souvenons-nous aussi que Francis Carsac lui avait rendu hommage avec son excellente nouvelle «Le dieu qui vient avec le vent» dans Fiction #222, en 1972.

Mais Chandler n'avait pas eu trop de chance jusque-là chez nous puisque la traduction de Rendez-vous... n'était pas terrible et que son seul autre roman à avoir été publié en français, Le long détour (Albin Michel, 1980) était la suite directe d'un volume resté lui inédit !

Aussi quand j'ai vu que Les Moutons Électriques, réputés pour leur sérieux, nous proposaient un inédit de la saga de John Grimes, je me suis dit que la malédiction était enfin levée et, bien qu'ayant déjà le livre en anglais, j'ai immédiatement investi 13 Euros dans l'affaire pour soutenir cette initiative...

J'aurais mieux fait de les garder... Car dès la première page, j'ai découvert avec horreur que la «traduction» de Sylvain Berthet était tout simplement un scandale ! On en vient même à se demander par moment si elle n'aurait pas été faite par un ordinateur... Le roman est réduit à néant, le texte étant en plus écrit dans un style lourdingue et dans un français souvent approximatif, et, surtout dans son premier tiers, constellé de fautes d'orthographe et de coquilles. C'est un texte non-relu qui est parti chez l'imprimeur, ça crève les yeux.

Il ne reste plus aux Moutons Électriques qu'à mettre au plus vite sur le marché une nouvelle version revue et cette fois corrigée s'ils ne veulent pas que la carrière de John Grimes s'arrête là chez eux, faute de lecteurs.

Pendant qu'ils y sont, ils pourront aussi en profiter pour améliorer la couverture en y mettant le nom de l'auteur avec d'autres caractères que ceux, microscopiques, utilisés ici et qui donnent l'impression qu'on l'a rajouté ce nom au dernier moment à la machine à écrire sur la maquette...

Il n'y a pas à dire, quand le Mouton Électrique disjoncte, il ne fait pas dans le détail et ça devient... dickien dans la déglingue.

RDN

jeudi 19 avril 2007

SECRET WEAPONS - SECRET AGENTS de JACQUES BERGIER


Premier livre de Bergier à avoir été à ma connaissance traduit en anglais, Agents secrets contre armes secrètes (Arthaud, 1955) est d'abord sorti en livre relié avec jaquette en Angleterre en 1956 chez Hurst & Blackett avant d'être réédité en poche outre-Manche chez Panther en 1958 sous la belle couverture «populaire» d'époque que voici et que je viens de dénicher chez un bouquiniste US.

Pour le plaisir des yeux...


RDN




jeudi 12 avril 2007

MUREL T.1, Les Chants de l'Air, de Claude Ecken et Benoît Lacou

Claude Ecken est depuis des années un des auteurs les plus intéressants de la SF française moderne (voir par exemple son recueil Le Monde, tous droits réservés aux éditions du Bélial, 2005) avec ses récits à la tonalité proche de la hard-science mais qui n'oublient jamais l'élément humain. C'est aussi, et depuis des décennies, un spécialiste de la BD, mais s'il avait déjà publié quelques albums ici ou là, il lui manquait encore l'oeuvre qui le ferait enfin remarquer au milieu du torrent de publications annuel du genre.

Avec Les chants de l'air, le premier tome de la trilogie Murel qui vient de sortir aux Éditions EP (Emmanuel Petit) début 2007, il semble qu'il tienne enfin le bon bout de ce côté-là.


Dans Murel, il concilie en effet, et enfin, ses ambitions littéraires dans la SF avec cette BD qu'il avait eu jusque-là du mal à dompter à son profit. Cette trilogie s'annonce comme un mélange bien équilibré de Space Opera, d'espionnage et d'histoire High Tech qui se saisit de l'attention du lecteur dès que celui-ci a intégré les noms un peu compliqués des personnages qui empêchent de se concentrer totalement sur l'intrique dans les toutes première planches («Ah ! mais bon sang, c'est qui déjà, celui-là?»). Fausses pistes, mystère et suspense alimentent ensuite le plaisir de ce même lecteur qui ne peut qu'en redemander une fois ce premier volume refermé sur un cliffhanger, comme on dit dans le jargon franglais des séries TV.

Mais un bon scénario qui n'est pas soutenu par un dessin à la hauteur, c'est le crash assuré dans l'univers impitoyable de la BD où le visuel est d'une importance capitale. Claude Ecken en avait fait l'amère expérience avec une précédente série, historique cette fois (la peste de 1720 à Marseille), Le diable au port (3 tomes, 2002 à 2004), dessinée par Benoît Lacou. Or, divine surprise, c'est justement ce même Benoît Lacou qu'on retrouve ici, cette fois libéré et en pleine forme dans cet univers extra-terrestre peuplé de personnages mi-animaux mi-humanoïdes...! Son dessin en couleur directe colle très bien au scénario et trouve ici une vigueur et un dynamisme à des lieues de sa prestation guère enthousiasmante sur la peste de Marseille.

À déguster sans délai.

RDN

dimanche 8 avril 2007

LES 300


Vu cet après-midi à Montréal la VF locale du film 300 d'après la BD de Frank Miller. Un excellent moment de cinéma. Ce film n'a aucune vocation historique et ressemble souvent à une épopée d'Heroïc Fantasy avec des effets spéciaux venus de Matrix et du cinéma chinois moderne. Le traitement de l'image se situe lui autant dans l'univers de la BD que dans celui du cinéma. C'est justement pourquoi la violence du film, qui atteint parfois des sommets, reste tout à fait supportable, y compris par les âmes sensibles en raison de son côté graphique et décalé.


Inutile de chercher l'exactitude historique ici car il n'y en a quasiment pas. Tout est conçu pour donner un côté démesuré et hallucinant à l'affrontement entre Leonidas et ses 300 Spartiates et une armée perse pleine de monstres et plongée dans la décadence la plus abjecte. Xerxes lui-même est représenté sous les traits d'une sorte de gigantesque drag-queen croisée avec un Goa'uld de Stargate... Et tout le monde est bien content de voir cette horde insensée de fichus Perses se faire massacrer de manière jouissive par Leonidas et ses soldats. Jusqu'à la trahison finale, bien sûr, lorsqu'un Spartiate au physique d'Elephant Man mélangé à une Tortue Ninja permettra àux affreux Perses de gagner. Mais le sacrifice des 300 va réveiller toute la Grèce...


Le doublage québécois est correct sauf pour un (gros) détail qui a quelque chose d'inquiétant pour l'état de la culture dans le pays : ici, on ne parle pas des Thermopyles mais des... Portes Chaudes ! Le délire de vouloir tout traduire («portes chaudes» est la traduction du mot grec...) qui anime le cinéma québécois est donc poussé ici dans ses derniers retranchements... Qu'on laisse faire et un jour on entendra que les Japonais ont attaqué Port aux Perles le 7 décembre 1941 ! Et après ce tour de force, l'industrie du doublage québécois viendra encore se plaindre qu'on ne lui confie pas tous les doublages pour l'Amérique du Nord...


Enfin, le fait que 300 ait fait l'objet d'une critique aussi négative qu'imbécile par le nul anti-américain de service dans Libération montre évidemment que c'est un film à voir sans délai.
RDN

dimanche 28 janvier 2007

SCI FI MAGAZINE 2 BIENTÔT EN KIOSQUE


Le 31 janvier, le #2 de SCI FI Magazine sera en kiosque, proposant toujours sa politique éditoriale originale consistant à tisser des liens entre le paranormal, les ovnis, etc. et la SF sous toutes ses formes. Rappelons qu'il est co-dirigé par Bernard Thouanel, l'ancien redacteur en chef des fameux VSD HORS SERIE OVNIS et PARANORMAL auxquels j'ai eu le grand plaisir de participer régulièrement.

Cette politique ne plait pas à tout le monde, notamment les milieux rationalistes et ceux de la SF littéraire qui y voient une nouvelle promotion/«banalisation» de ce paranormal qu'ils exècrent pour les premiers et un mélange intempestif pour les seconds. Il est vrai que les auteurs de SF littéraires sont pour la plupart des rationalistes de choc, contrairement à ce qu'on pourrait penser dans le grand public.

Il est aussi amusant de voir que les mêmes personnes ne contesteront pas que le Fantastique, lui, puisse puisser à tour de bras dans l'occulte et le paranormal...

Personnellement, et ne faisant pas partie des talibans de l'inspiration, tout cela ne me gène absolument pas et ce que je demande à une histoire de SF est avant tout d'être bonne. Des séries comme X FILES ont montré que le paranormal et l'ufologie pouvaient être un réservoir d'inspiration des plus intéressants.

Dans l'article sur les Créatures venues d'ailleurs que j'ai fait pour ce numéro de SCI FI, je développe un peu l'idée qu'il est en train de se créer une sorte de genre particulier, une nouvelle branche de la SF, reposant exclusivement sur le traitement de l'imagerie, de la mythologie et des données plus sérieuses de l'ufologie moderne et de ce qui s'y rattache de près ou de loin. Un sous-genre (sans connotation péjorative !) vigoureux dont Jimmy Guieu aurait été un des plus efficaces précurseurs chez nous...

AU SOMMAIRE DE « SCI FI MAGAZINE » n° 2 (COMMUNIQUÉ DE PRESSE) :

Sciexclu
p.6 - Les news et previews ciné-télé de science-fiction et fantastique.
p.18 - Les sorties DVD à ne pas manquer.
p.26 - Geek Zone : une sélection des jeux vidéo et d'objets liés à la SF.
Scibédé
p.32 - Les albums de la rentrée.
Scifilm
p.34 - De Georges Méliès à Harry Potter, la magie et le cinéma ont toujoursfait bon ménage. Harry Potter et l'Ordre du Phénix, l'événement 2007 !
p.40 - Le concept du voyage dans le temps : une aubaine pour les scénaristes de SF. Primer, un petit film qui voit grand !
Scispécial
p.46 - À l'occasion de la sortie DVD de la série Surface, une réflexion sur l'évolution et la disparition des espèces.
p.52 - Les superpouvoirs de nos superhéros capés et masqués sont passés au crible scientifique. Spider-man, Les quatre fantastiques, Les tortues ninja, Superman. Ils reviennent !
Scianim
p.60 - Rencontre avec Savin Yeatman-Eiffel, le créateur de la série d'animation Oban-Star Racers, qui nous parle de son expérience japonaise.
Sciculte
p.66 - Le documentaire The Sci-Fi boys, un hommage aux précurseurs de la science-fiction au cinéma : Forrest J. Ackerman, Ray Bradbury, Ray Harryhausen.
Scicrypto
p.72 - Historique des créatures cinématographiques extraterrestres, stars de la littérature et du cinéma de science-fiction.
Sciinvestigations
p.78 - Le 30 juin 1908, en Sibérie, une énorme explosion dévaste la région de la rivière Tunguska. Une météorite ? Pas si sûr.
Sciphenomena
p.86 - En janvier 1943, plus d'un millier de soldats allemands périrent mystérieusement dans la région du Kouban, au sud de la Russie. Leur mort était-elle associée à l'apparition d'étranges dômes incandescents non loin des lieux du drame ?
Scilogic
p.92 - Paul Moller, un inventeur californien, conçoit depuis les années1960 des voitures volantes qui préfigurent les véhicules du futur.
Scibooks
p.98 - La bibliographie de l'étrange et de la science-fiction.

Bonne lecture !


RDN